Je travaille dans le handicap et Oui je suis heureuse !


J’ai eu envie d’écrire un article sur la vision que les gens (professionnels de la petite enfance ou pas, amis ou même papi et mamie!) ont de mon métier auprès d’enfants en situation de Polyhandicap.

Pas plus tard qu’hier une amie m’a demandé « ça va le boulot tu n’es pas trop anxieuse ? », encore loin de comprendre le vrai sens de la question je réponds sans trop de précision « Bah non ça va c’est cool« . Mais en réalité le vrai fond de sa question était de savoir si le handicap n’avait pas de répercussions négatives sur moi.

Ce n’est pas la première fois que je rencontre des personnes qui se sentent mal à l’aise au contact (ou juste à la simple pensée) du handicap! Plus précisément elles ressentent une gêne et une forte sensation d’oppression en présence de personnes en situation de handicap.

[Personnellement je suis oppressée par mon Dentiste, je ne sais pas vous?]

Souvent ces mêmes personnes sont dans un fort sentiment de compassion : « le pauvre il est enfermé dans son corps, il a l’air triste, il peut rien faire, c’est pas une vie! » [ Ah Ben si si c’est la sienne!]

Mais qui êtes vous pour affirmer ce qu’ils ressentent ? 

   Comprendre, communiquer et partager avec un enfant en situation de polyhandicap demande des heures et des heures de travail. C’est le fruit de plusieurs années de rencontre avec l’enfant et de mise en confiance. Décrypter un hochement de tête ou un clignement d’yeux n’est pas donné à tout le monde… Non il est donné aux personnes qui connaissent vraiment l’enfant!

[Pour exemple j’ai persuadé un ami de venir rencontrer les enfants que j’accompagne lors d’une fête de fin d’année. Lui qui ne voyait que très peu d’intérêt à mon travail a totalement changé sa vision sur ces enfants. Il affirme aujourd’hui que les enfants peuvent ressentir du plaisir, qu’ils ont une vie bien à eux et que même se sont des êtres que l’on peut aimer! Émouvant non ?]

Peut être avez vous envie de me dire « MAIS ENFIN ILS SOUFFRENT QUAND MÊME CES ENFANTS ET POUR MOI C’EST INSOUTENABLE! » [Et je vous crois!]

Laissez moi vous parler de ce sentiment de compassion envers ces enfants :

La compassion vient du latin, « cum-patire », « souffrir, éprouver avec ».est le sentiment par lequel on est porté à percevoir ou ressentir la souffrance des autres, et poussé à y remédier. . « Pitié » et « apitoiement »« commisération »« miséricorde » signifient originellement compassion.

C’est cette même compassion qui nous pousse à souffrir en leur présence, souffrir pour eux et parfois même souffrir à leur place [Bah oui des fois vous souffrez alors qu’eux vont très bien!].

Et moi alors elle est passée ou ma compassion ? [Eh bien je la garde pour les bébés chats errant et les petits enfants privés de dessert] [Je vous taquine!]

En réalité la compassion n’a pas sa place au sein d’un milieu professionnel. On nous apprend et nous demande de faire preuve, à la place, d’un sentiment d’EMPATHIE :

[Nous ne sommes pas des sur-hommes et j’avoue avec sincérité que ce n’est pas toujours aussi simple!]

  L’empathie (du grec ancien εν, dans, à l’intérieur et πάθoς, souffrance, ce qu’on éprouve) consiste à comprendre ce que d’autres éprouvent et à entrer en résonance avec eux. Il faut distinguer l’empathie de la compassion. C’est une pratique relationnelle qui s’enseigne et s’apprend.

Lorsque nous sommes dans l’empathie, nous choisissons avec notre volonté d’essayer de se mettre à la place de l’autre, de voir et de ressentir la situation comme l’autre. Mais nous sommes conscients qu’il ne s’agit pas de notre expérience mais celle de l’autre. Contrairement à la compassion, dans l’empathie nous ne sommes pas nécessairement touchés (même si nous pouvons l’être), car nous restons dans la neutralité.
Pour conclure, accompagner des enfants en situation de polyhandicap s’apprend! La compassion est une faculté de l’être humain mais nous nous devons d’apprendre l’empathie pour nous préserver dans notre travail [et préserver a fortiori les enfants].

J’ajouterai tout de même [Ce n’est que mon avis ] que chaque être humain a une pré disposition plus ou moins forte à « se sentir » bien avec la question du handicap. Une pré disposition influencée par notre vécu, et notre caractère.

Mais bien souvent c’est l’image et la représentation du handicap qui  nourrit notre peur. Si vous vous en sentez capable saisissez-vous par la main et accompagnez vous à VRAIMENT découvrir un enfant en situation de handicap. Pour lui et [surtout] pour vous !
Écrit par Marine 

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8 commentaires sur « Je travaille dans le handicap et Oui je suis heureuse ! »

  1. Très belle article ayant fait des d’âges auprès d’enfants en situation de handicap et ayant un enfant en situation de handicap je trouve bien que des professionnels considéré ces enfants comme des enfants avec des sentiments des émotions certes ils faut avoir de l’expérience pour comprendre ou interprète le moindre clignement etc mais K ‘ image et la sensation que vous renvoyer à l’enfant et ses parents est inestimable car nous aussi parfois en tant que parent on aimerais que cette image « handicap » soit autre et heureusement que vous exit ais merci

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Nadège Ca me touche 🙂 je vous souhaite de rencontrer beaucoup de personnes et de professionnels qui verrons l’Enfant avant tout! Et je reste persuadé que l’on doit donner une chance à chacun de surpasser/comprendre et accueillir ses peurs pour aller a la rencontre de ces enfants! Ils ont tant à donner ! Marine

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  2. Bonjour Marine, je viens de découvrir ton blog par un heureux hasard et il me donnerait presque ma vocation !
    En train de passer les concours EJE je cherchais un texte à présenter à l’oral, justement sur le handicap et j’ai découvert ton article sur « Où on va papa ? ». J’ai dévoré le livre, que j’ai profondément adoré ey je crois bien avoir trouvé mon texte !
    Je n’ai pas trouvé sur ton blog dans quelle structure tu travailles, un IME ?

    Je souhaiterai vraiment avoir des infos sur ton travail et échanger aussi au niveau de ce qui se fait pour l’accueil du jeune enfant en situation de polyhandicap. Si tu as un peu de temps pour discuter ce serait génial ! Je te laisse mon adresse mail au cas où : lagorse.laura@gmail.com
    Merci pour ces articles, c’est une mine d’or pour les (peut-être) futurs professionnels qui veulent se lancer !

    A bientôt j’espère,
    Laura

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  3. Bravo et merci pour tous ces articles .
    Tout est intéressant et souvent nous nous en servons en équipe .. Longue vie au blog c un merveilleux support pour notre travail ..
    Amicalement
    Maryelle

    Aimé par 1 personne

  4. C’est exactement ce que je ressens depuis 2 ans. En école d’EJE, j’ai fais deux stages dont mon dernier stage en IEM dans un service accueillant des enfants en situation de polyhandicap et j’ai … adoré !
    Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie dans mon travail, tant avec les enfants qu’avec l’équipe pluridisciplinaire (tellement riches à mon sens).
    Quand j’en parle autour de moi, j’ai le même style de commentaire que vous. Avec des « bon courage, ça doit pas être évident » ; « respect parce que moi je ne pourrais pas » et bien d’autres. Le champ du handicap s’est particulier, mais en tant que professionnelle, j’agis pour l’enfant et pour sa famille. C’est avant tout un enfant, et ce qu’il faut retenir (tout en prenant compte de ses particularités qui le rend unique …. finalement comme tous les enfants!).
    Merci pour votre article !

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